Le mot du Président – Octobre 2024
Madame, Monsieur
Après un printemps particulièrement pluvieux, nos ressources ont fort heureusement été en capacité de répondre à nos besoins et nous n’avons subi cet été aucune situation perturbée. Pour autant, nous savons bien que cela sera de moins en moins souvent le cas et qu’il va falloir s’adapter aux conséquences du réchauffement climatique.
Les projections de la communauté scientifique pour les décennies à venir sont imparables: Il y aura beaucoup moins d’eau dans nos fleuves et nos rivières et donc de nombreuses crises sont à prévoir !
Alors évidemment, au-delà des conséquences majeures de tous ordres à l’échelle de la planète, qui ne peuvent nous laisser indifférents, nous avons à anticiper (ce qui peut encore l’être) pour tenter à notre niveau d’apporter les réponses appropriées, en particulier pour l’alimentation en eau potable.
Et c’est bien justement pour anticiper sur les évolutions déjà constatées du climat, que pour notre part nous avions engagé une réflexion suffisamment tôt en amont, afin de rechercher une solution capable de répondre à nos besoins pour le long terme, en exploitant une nouvelle ressource dans les calcaires du Ludien.
Cette solution permettra de réduire les prélèvements dans le lit du Gardon, contribuant ainsi par substitution, au maintien de son niveau d’étiage en situation de crise .
Après que le site envisagé fut retenu, nous avons dû mener à leur terme d’abord les essais qualitatifs et quantitatifs, puis élaborer l’ensemble de la procédure, jusqu’à la reconnaissance de l’utilité publique et la constitution du dossier technique, administratif et financier. Le lancement des travaux est prévu dans ce quatrième trimestre. Ils vont permette la sécurisation de l’alimentation de nos communes. Il s’agit pour nous du « projet du siècle » tant par le volume des investissements, que pour les enjeux concernant l’avenir de ce territoire !
Nous nous devons de remercier comme il se doit l’Agence de l’eau, le Département et la Région pour leur important soutien financier, ainsi que les services de l’Etat pour leur accompagnement (ARS, DDTM…).
Par ailleurs, dans le prolongement des importants travaux de renouvellement que nous réalisons chaque année, nous allons poursuivre cette politique et investir encore pour moderniser le réseau. Cela représente une charge financière considérable, que nous assumons avec les seules ressources que constituent les ventes d’eau et les aides de l’agence de l’eau et du Département.
Plusieurs questions restent cependant posées avec les évolutions législatives qui se succèdent, concernant l’avenir de notre structure. Il est bien évident que nous défendrons toujours le principe de la libre administration avec le maintien de notre syndicat, dont la seule vocation est de répondre à cette formidable mission de service public, avec des objectifs de qualité, que nous nous devons évidemment de sans cesse réévaluer. Tout cela, en étant distants des considérations économiques, défendues par les grands marchands d’eau et ce dans le cadre d’une régie publique même !
C’est l’enjeu majeur pour garantir l’avenir et cela passe par un engagement de tous les instants, d’abord en maintenant un réseau en bon état en poursuivant sa modernisation, gage d’une saine gestion.
Nous avons notamment pour objectif de remplacer 100 % de nos compteurs d’ici la fin de l’année, en les équipant de radio relève ce qui permettra une analyse plus fine des consommations, tout en simplifiant et réduisant les temps consacrés à la relève. D’autres opérations très importantes sont à l’étude ou programmées pour les années à venir. Nous allons dans le cadre d’un programme pluriannuel d’investissements poursuivre le renouvellement de nombreuses canalisations et après avoir déjà modernisé ou reconstruit les réservoirs d’Aigremont, Savignargues, Domessargues, Montagnac, construire un nouveau réservoir neuf à Moulézan… en attendant par la suite celui de St Théodorit .
Le SIAEP se doit de conserver cette dynamique qui lui permet d’affronter l’avenir sans angoisses et préparer les différentes étapes, qui nous permettront de répondre dans les meilleures conditions aux enjeux auxquels nous serons inévitablement confrontés. C’est la mission pour laquelle nous sommes engagés !
Le point sur la qualité des eaux
D’abord au titre du bilan de l’ARS :
Aucune analyse ne s’est traduite par la présence d’éléments indésirables dans des quantités hors normes. 100 % des analyses ont conclu à une eau de bonne qualité!
Mais concernant la qualité de l’eau, nous sommes cependant très sensibles au sujet préoccupant des polluants dits « éternels » (PFAS) suite à certaines analyses réalisées en plusieurs points du territoire .
L’EPTB des Gardons et la commission locale de l’eau (CLE des Gardons) ont interpellé le Préfet au nom de l’Etat et l’Agence Régionale de Santé, afin qu’il soit apporté les réponses appropriées aux légitimes inquiétudes des citoyennes et citoyens, notamment concernant les contrôles réalisés, mais aussi les normes à retenir et les éventuelles dispositions à prendre .
J’ai personnellement à ma demande en tant que Président du SIAEP, été reçu par le Préfet (assisté des services de l’ARS, de la DDTM et de la DREAL), auprès de qui j’ai pu exprimer nos inquiétudes et nos attentes. Il ressort de nos échanges les éléments suivants:
La transposition de la Directive n°2020/2184 du 16 décembre 2020 relative à la qualité des eaux destinées à la consommation humaine a intégré l’analyse de ces nouveaux paramètres dans le contrôle sanitaire des eaux brutes et des eaux destinées à la consommation humaine. On trouve notamment parmi ces nouveaux composés qui seront à rechercher à partir du 1er janvier 2026, des composés alkylés poly et perfluorés (PFASS).
L’ARS Occitanie a fait réaliser une campagne de prélèvements et d’analyses exploratoires de composés de type perfluorés (PFAS) sur plusieurs points en Occitanie, dont deux sites de notre syndicat. Ces résultats sont conformes aux limites de qualité fixées par l’arrêté modifié du 11 janvier 2007 relatif aux limites et références de qualité des eaux brutes et des eaux destinées à la consommation humaine mentionnées aux articles R. 1321-2, R. 1321-3, R. 1321-7 et R. 1321- 38 du code de la santé publique. Cette limite de qualité (0,1 μg/L pour la somme de 20 molécules) s’applique depuis le 1er janvier 2023.
Parmi les PFAS le TFA est un cas particulier : il est classé comme PFAS par l’Organisation de coopération et de développement économique (OCDE), mais il n’est pas intégré à la liste des 20 PFAS inclus dans la Directive n° 2020/2184 du 16 décembre 2020 relative à la qualité des eaux destinées à la consommation humaine. Le législateur a privilégié les PFAS les plus préoccupants pour la santé qui sont, notamment, les PFAS à chaîne longue.
Le TFA est un PFAS à chaîne courte, qui peut provenir d’une émission directe par les industriels, mais aussi après transformation, car c’est également un métabolite de substances chimiques utilisées dans l’industrie chimique, dans la protection des végétaux et la production de médicaments.
Le TFA ne dispose pas à ce jour de norme dans l’eau destinée à la consommation humaine en France :
Afin de disposer d’éléments relatifs à l’exposition de la population et de permettre à l’Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail (ANSES) de mener les expertises sanitaires nécessaires, une campagne nationale sur 34 PFAS (comprenant le TFA) est en cours de déploiement sur le territoire français, à la demande de la Direction Générale de la Santé (DGS).
Cette campagne est réalisée par le Laboratoire d’Hydrologie de Nancy (LHN) de l’ANSES, en lien avec les ARS :
L’ARS Occitanie a demandé que l’un des points de prélèvement utilisé pour la production d’eau potable et situé le long du Gardon soit intégré à cette campagne nationale. J’ai indiqué que nous souhaitions bénéficier de ce dispositif d’analyse sur l’ensemble de nos points de prélèvement y compris nos nouveaux forages .
Ainsi, l’étude réalisée par l’ANSES permettra de disposer d’une vision plus complète et précise sur la présence de PFAS dans les eaux et de prendre en compte cette situation locale pour la définition des mesures de gestion du risque sanitaire à l’échelle nationale.
Par ailleurs, même si la réglementation actuelle ne fixe pas de valeur réglementaire pour le TFA, un travail a été entamé visant à :
- Identifier toutes les causes pouvant être à l’origine de cette contamination ;
- Rechercher et mettre en place des mesures correctives afin de réduire les concentrations retrouvées.
- Mettre en place une ou plusieurs campagnes d’analyses sur les captages influencés par le Gardon
Nous ne manquerons pas de revenir sur ce sujet, qui dépasse les problématiques de l’eau, puisque ces polluants
sont hélas présents dans de très nombreux secteurs de la vie courante.
Mais je tiens à rappeler, que notre eau est contrôlée très régulièrement par un laboratoire agréé par le ministère de la santé et que tous les critères et limites de qualité fixés à ce jour sont rigoureusement respectés.
Bernard CLEMENT